1. La formation
Fils d'un cultivateur quinquagénaire qui fut chevalier de Saint-Louis en récompense de ses services dans l'armée, Louis Antoine Léon Saint-Just, né le 25 août 1767, à Decize, doit peut-être à cette ascendance les talents militaires qu'il révéla dans ses missions. De ses études chez les oratoriens de Soissons il conserva une prédilection pour les Romains. Sa haine de l'Ancien Régime vient probablement de la lettre de cachet qu'aurait fait lancer contre lui sa mère après qu'il lui eut dérobé quelques bijoux et objets précieux. Est-ce à l'école de droit de Reims, où furent également étudiants Brissot et Danton, qu'il prit le goût de méditer sur « la science du gouvernement et les droits du peuple » ? Passons sous silence le poème érotique, L'Organt, qui n'ajoute rien à la gloire de Saint-Just. Ce ne sont que fornication avec des ânes, « courtisanes tannées » et nonnes violées, sans déplaisir de leur part, si l'on en croit l'une d'elles : « Mais qu'il est triste, hélas, de se confondre avec quelqu'un qu'on ne saurait aimer, de se sentir à regret enflammer et malgré soi brûler et lui répondre. » En 1789, après un séjour à Paris où il a assisté aux débuts de la Révolution, il quitte la capitale pour Blérancourt, en Picardie, où sa famille s'était installée en 1777. Il s'y taille bientôt la réputation d'un révolutionnaire exalté : il est lieutenant-colonel de la garde nationale en juillet 1789, participe à la fête de la Fédération l'année suivante, escorte la voiture du roi au retour de Varennes, et se lie avec Robespierre. Élu en septembre 1791 à l'Assemblée législative, il ne peut y siéger en raison de sa jeunesse. Un an plus tard, il a enfin l'âge requis, et le collège électoral de Soissons l'envoie à la Convention.
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