Héritier de deux illustres familles parlementaires, sa mère étant née Lamoignon, Molé achève son éducation dans l'émigration après l'exécution de son père en 1794. Il rentre en France à la fin du Directoire et est réintégré dans tous ses biens sous le Consulat. Il accepte alors de servir Napoléon qui le comble de faveurs : auditeur puis maître des requêtes au Conseil d'État, préfet de la Côte-d'Or, directeur des Ponts et Chaussées, conseiller d'État, comte d'Empire, ministre de la Justice (novembre 1813). En mars 1815, il refuse de reprendre ce portefeuille que lui offre Napoléon, mais accepte son ancienne direction des Ponts et Chaussées ; il évite cependant de siéger au Conseil d'État et à la Chambre des pairs où l'avait placé l'empereur. Par une exceptionnelle indulgence, Louis XVIII, en juillet 1815, le laisse en possession de sa direction et le nomme pair de France. Ministre de la Marine (août 1817), Molé suit dans sa retraite Richelieu pour qui il professe une grande admiration, et, dès lors, il siège dans l'opposition à la Chambre des pairs. Rallié à la monarchie de Juillet, il en est le premier ministre des Affaires étrangères (août-novembre 1830), et proclame le princip […]
