Fils d'Élie Fréron, Stanislas, ainsi prénommé en l'honneur du bon roi polonais de Nancy et de Lunéville, hérita de son père son goût pour les pugnacités du métier de publiciste, mais se sépara de lui par son engouement pour les idées révolutionnaires. En 1790, ayant déjà une bonne pratique du journalisme, il fonde L'Orateur du peuple ; il se donne alors pour le brillant second (et presque la doublure) de Marat ; dans le sillage de L'Ami du peuple, L'Orateur du peuple combat Mirabeau, La Fayette, les mêmes ennemis, avec même véhémence mais non avec même génie. Fréron est alors l'un des principaux membres du club des Cordeliers. Député à la Convention, Montagnard, régicide, il est envoyé à Marseille et à Toulon avec Barras ; les deux hommes s'entendent pour y faire régner la Terreur, de façon si arbitraire, si intéressée parfois et souvent si odieuse que le Comité de salut public les rappelle dès janvier 1794. Barras cherche alors et réussit quelque peu à se faire oublier ; Fréron, qui n'a pas trouvé le don du silence dans l'héritage paternel, se dépense, devient un des artisans de la chute de Robespierre et pousse la réaction thermidorienne à l'extrême […]
