L'un des personnages les plus méconnus d'un groupe d'« humanistes de la seconde génération ». Le Roy, dit Regius, traîne une existence difficile, matériellement si misérable qu'elle l'amène à adresser des suppliques aux grands, sous forme d'œuvres de circonstances sans originalité. Ce personnage falot, qui semble avoir vécu sur les bords de la célébrité, en particulier dans ses relations avec Du Bellay et la Pléiade, apparaît rétrospectivement comme le plus grand helléniste français et comme celui qui a fait connaître, auprès d'un large public, les œuvres politiques de l'Antiquité. Excellent traducteur, à bien des égards supérieur aux traducteurs modernes, il a choisi essentiellement le domaine intermédiaire entre la morale (Isocrate et ses discours aux jeunes princes), la philosophie (Platon : Timée, Phédon, Banquet) et la politique (Démosthène, Platon et Aristote).
Conformément à l'usage de son époque, Le Roy regroupe sous un titre, c'est-à-dire sous un thème, un certain nombre de textes d'auteurs différents de manière à constituer une sorte de « florilège », recueil des éléments les plus adaptés, selon lui, à l'usage que peut en faire une pens […]
