Roi qui ne régna guère que par des caprices souvent shakespeariens, indifférent aux affaires publiques (par exemple au cœur de la crise allemande de 1866). Louis II de Bavière fut aussi un solitaire qui écarta les visiteurs et dont les voyages ressemblent à des fuites ou à des fugues, et un grand lecteur jamais rassasié.
Ce n'est pas un artiste comme son grand-père Louis Ier, mais un rêveur installé dans le monde qu'il crée, un monde de musique, de théâtre, d'imagination et même de phantasme. Intéresse-t-il l'histoire ? Oui, par Wagner. Il ne s'agit pas seulement d'une amitié exigeante, appelant le compositeur à Munich dès 1864, et dont le feu a brûlé vingt ans durant à travers plusieurs péripéties. Il ne s'agit pas seulement d'un exceptionnel mécénat. Il s'agit d'une association de pensée, de sensibilité, de création même, qui justifie le mot de « notre Tristan » écrit par Wagner en 1865. Il s'agit de l'essor donné à l'enthousiasme et aux mythes wagnériens, bien au-delà d'une mode : l'appui royal accordé au drame lyrique a été « pour quelque chose dans le mouvement intellectuel de l'Allemagne vers son unité » (Jacques Bainville) ; l'inauguration du sanctuaire d […]
