Au début de sa carrière militaire, Franchet d'Esperey s'était distingué en Algérie, en Tunisie, en Chine (contre les Boxers) et au Maroc (Oued Zem, Mogador, Tadla). En août 1914, commandant du Ier corps d'armée sous Lanrezac, il retarde l'avance allemande à Guise. Puis à la tête de la Ve armée, il joue un rôle capital dans la victoire de la Marne (6-12 sept. 1914). Il commande le groupe d'armées de l'Est en 1916 et celui du Nord en 1917.
En 1918, il est nommé commandant en chef des armées alliées sur le front de Macédoine. Élevé à la dignité de maréchal de France en 1921, il se consacre principalement au développement des communications trans-sahariennes et aux Amitiés africaines, œuvre d'entr'aide franco-musulmane ; il encourage discrètement en 1934 certaines ligues antiparlementaires, dont la Cagoule. Il est élu, cette année-là, à l'Académie française.
Le nom de Franchet d'Esperey est surtout celui du vainqueur des Balkans (sept. 1918) : vingt-huit divisions françaises, britanniques, helléniques, serbes et italiennes (soit 300 000 hommes) sont opposées aux 400 000 combattants du groupe d'armées germano-austro-bulgare de von Scholz. Le 14 septembre, Franchet d'Esperey attaque par surprise, obtient la rupture du front ennemi dans le secteur montagneux de la Moglena et exploite vigoureusement ce succès : Bulgares, Turcs et Hongrois doivent successivement s'incliner. La Serbie, l'Albanie, la Roumanie et le Proche-Orient sont libérés.
Pierre GOBERT
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