Un des protagonistes de l'avant-garde musicale américaine, Lou Harrison s'est toujours refusé à participer aux polémiques opposant les tenants des écoles établies. Pour lui, la musique devait être ouverte à toutes les expériences, puiser dans toutes les traditions, notamment dans les « musiques des peuples du monde », pour reprendre le titre d'un cours de son maître Henry Cowell. Un des premiers, il a opéré une synthèse réussie entre les univers musicaux occidentaux et asiatiques.
Né le 14 mai 1917 à Portland (Oregon), Lou Silver Harrison effectue la majeure partie de ses études musicales à San Francisco. S'il assiste en 1942 au séminaire de composition d'Arnold Schönberg à l'université de Californie à Los Angeles, il n'en demeure pas moins étranger au sérialisme et au dodécaphonisme : ce n'est pas là qu'il puisera le secret pour organiser ses sons. Sa voie, il l'a trouvée auprès de Henry Cowell, dont il suit en 1935 le cours Music of the Peoples of the World, auprès de qui il prend des cours privés, et dont il devient l'ami. Durant ces années d'apprentissage, ses compositions sont encore de caractère néoclassique.
Mais, pour Harrison, il faut intégrer la vie à l'œuv […]
