2. Un musicien protéiforme
Chef d'orchestre comblé, Lorin Maazel a dirigé plus de cent cinquante orchestres dans le monde entier. En 2002, il avait déjà conduit plus de cinq mille concerts et représentations lyriques et enregistré plus de trois cent cinquante disques. Cette boulimie d'activités a souvent créé un sentiment de routine, au plus haut niveau certes. On ne traverse pas soixante ans de carrière sans avoir besoin de se ressourcer. Et ce sont souvent des opérations exceptionnelles qui ont masqué ces moments cruciaux : on le voit par exemple diriger dans la même journée l'intégrale des symphonies de Beethoven à la tête des trois principaux orchestres londoniens, au profit d'une œuvre caritative (1988). À chaque virage important, Maazel a su reprendre le dessus grâce à son incomparable technique et à sa mémoire exceptionnelle qui lui permet d'apprendre n'importe quelle partition en un temps record. Rien d'étonnant à ce qu'il possède l'un des plus vastes répertoires, la clé de sa lutte contre la routine. Tout au long de sa carrière, il a toujours continué à pratiquer le violon, jouant en soliste et dirigeant simultanément des concertos de Mozart notamment. Il possède un Stradivarius de 1722 qui fut l'instrument du grand violoniste belge Alexandre Artôt.
Lorin Maazel se livre aussi à la composition : il a composé trois concertos – Music for Violoncello and Orchestra (pour Mstislav Rostropovitch, 1994), Music for Flute and Orchestra (pour James Galway, 1995) et Music for Violin and Orchestra (1997) –, un mouvement symphonique, Farewells, qu'il a créé en 2000 avec l'Orchestre philharmonique de Vienne, un opéra, 1984, d'après le roman de George Orwell, représenté pour la première fois à Covent Garden le 3 mai 2005. Il a également réalisé une synthèse symphonique de l'Anneau du Niebelung de Wagner, The Ring without Words.
Il n'hésite pas à mettre sa notoriété au service de nombreuses organisations caritatives et il s'investit pour aider les jeunes musiciens. En 1997, il c […]
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