8. Ghiberti, collectionneur d'antiques
L'intérêt que Ghiberti porte à l'Antiquité ne se limitait pas aux textes mais s'étendait également aux objets. Bien qu'elle n'ait pas la même importance que celles de Côme l'Ancien ou de Niccolò Niccoli, la collection d'antiques de Ghiberti était suffisamment prestigieuse pour motiver la visite d'un connaisseur comme Cyriaque d'Ancone en 1433. L'Anonyme Magliabecchiano (vers 1537-1542, manuscrit de la Bibl. nat. de Florence) ainsi que Vasari donnent une liste assez précise des pièces qui la composaient, aujourd'hui perdues ou non identifiées. On y trouve notamment le bas-relief d'Amour et Psyché « dit le lit de Polyclète » qui se trouvait toujours en possession des héritiers de Ghiberti en 1517, qui refusèrent de le vendre à Raphaël agissant pour le compte d'Alfonso d'Este de Ferrare. Cette collection comprenait également des pièces moins célèbres comme une jambe en bronze « aussi grande que nature », un certain nombre de têtes d'hommes et de femmes ainsi que des vases grecs. Ghiberti fut ainsi l'un des premiers artistes à disposer d'un répertoire personnel d'objets de l'Antiquité sur lesquels il pouvait non seulement vérifier certains calculs de proportions idéales mais également s'inspirer d'un lexique ornemental à la fois varié et nouveau, comme on peut le constater dans la châsse en bronze des saints Proto, Giacinto et Nemesio, aujourd'hui conservée au musée du Bargello à Florence.
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