7. Les « Commentaires » de Ghiberti
Vers la fin de sa vie, Ghiberti dicta à un copiste l'ébauche d'un traité sur les arts connu sous le nom de Commentaires, fruit de recherches et de réflexions commencées depuis plusieurs dizaines d'années. Le texte est d'une compréhension difficile, en raison, en particulier, d'innombrables ruptures syntaxiques. Mais c'est un document irremplaçable, première tentative de traité dans l'esprit humaniste écrit par un artiste qui possédait avant tout une formation manuelle mais qui fut capable d'enrichir sa culture par des lectures et des échanges. Ce traité s'adresse au jeune « peintre ou sculpteur » et entend lui fournir en un seul texte toutes les connaissances et informations pratiques nécessaires à l'exercice de son art. En cela, il est très différent des traités d'Alberti. D'une manière générale, le modèle suivi par Ghiberti consiste à réécrire des passages choisis de textes de l'Antiquité en les adaptant à son propos personnel.
On divise généralement ce texte en trois parties. La première s'ouvre sur de nombreuses recommandations à l'usage des artistes néophytes et tente de définir la fabrique des arts comme l'association de la matière avec le raisonnement théorique. Cette partie s'inspire largement de Vitruve, et adapte pour les peintres et les sculpteurs des conseils qui s'adressaient aux architectes dans le De architectura de l'auteur romain. Elle se poursuit par une histoire de l'art antique dans laquelle Ghiberti reprend des informations qu'il a trouvées chez Pline le Jeune. La deuxième partie est la plus originale. Fondée sur une documentation de première main, elle retrace une histoire de la renaissance des arts en Toscane depuis Cimabue jusqu'à la période contemporaine de Ghiberti et s'achève donc sur une autobiographie professionnelle. La troisième partie est la plus riche et aussi la plus longue. Elle contient un choix de textes scientifiques du Moyen Âge provenant en grande partie de l'Optique (Kitāb al-Manā.zir/De Aspectibus) d'Ibn al-Haytham, de la Perspectiva de Roger Bacon et de la Perspectiva communis de John Pecham. Ghiberti explique en détail comment ces savoirs en matière d'anatomie, d'optique et de perspective constituent les fondements de la nouvelle pratique des arts.
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