1. Histoire d'une capitale
• De la fondation à la fin du Moyen Âge
Au mythe de la Troja Nova qui fait remonter Londres à une époque plus ancienne que Rome, on préférera la réalité : Londres est née après la conquête romaine en 43 avant notre ère, d'abord camp militaire, bientôt cité commerciale et centre administratif (Londinium) ; ses premiers murs datent du iiie siècle et sa population aurait alors avoisiné les 30 000 habitants ; déjà, sa fonction portuaire et l'existence d'un pont de bois en font un important carrefour de communications. Des restes de murailles aux vestiges d'un temple de Mithra en passant par des mosaïques et des documents épigraphiques, les signes abondent de sa vie de cité. Les invasions saxonnes contribuent à la ruiner, malgré des survivances dont, au vie siècle, l'installation d'un évêque saxon qui prend ainsi la suite lointaine du premier évêque de 314. Les siècles suivants sont faits de relèvements et de destructions renouvelées, liées aux invasions de Vikings, mais aussi à la vulnérabilité aux incendies d'une ville construite en bois.
À l'arrivée des Normands, Londres semble déjà dotée d'une autorité locale embryonnaire, sous la tutelle de l'évêque et du roi, et elle est divisée en 28 wards, chacun sous l'autorité d'un échevin. Ce statut est confirmé par Guillaume qui, méfiant, fait aussi construire deux forteresses de surveillance, dont la Tour à l'est. Westminster, où Édouard le Confesseur avait fait ériger une abbaye, devient, à l'écart de la ville, le centre de l'administration monarchique et ne sera jamais soumise à la Cité. Dès ces premiers siècles normands, Londres est de loin la ville la plus riche et la plus grande, la construction de maisons nouvelles se faisant dans une superficie si restreinte qu'on se plaint amèrement, vers 1300, du manque de place et de l'étroitesse des ruelles. Commerce et artisanat y sont les activités majeures, le négoce en partie aux mains d'étrangers, marchands de Cologne invités par Henri II dès 1152, autres A […]
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