6. Le néo-classicisme
Pour trouver dans l'art lombard un accent vraiment nouveau et qui soit comparable à celui de la littérature scientifique et économique du xviiie siècle, il faut attendre cependant les premières manifestations du néo-classicisme et les œuvres de jeunesse d'Andrea Appiani. Ce renouveau profond eut lieu en Lombardie et particulièrement à Milan sous le signe de l'art néo-classique. Il a pu se développer grâce à un brillant climat culturel et au sage gouvernement de Marie-Thérèse et de Joseph II d'Autriche, qui fondèrent entre autres l'académie des Beaux-Arts de Brera (1776). Il a également trouvé des circonstances favorables à son développement sous l'autorité de Napoléon, quand celui-ci institua la royauté en Italie. C'est ainsi que Milan, la capitale, qui s'était très tôt ouverte au mouvement européen des Lumières, et qui, de plus, fut favorisée par des circonstances historiques particulières, finit par devenir un des centres les plus vivants et les plus ouverts aux spéculations de l'art néo-classique, surpassant Rome elle-même qui était pourtant la dépositaire de la théorie. Milan influença d'ailleurs de nombreux autres centres en Lombardie. Des architectes, comme Piermarini, Cantoni, Cagnola, Pollak, Vantini, construisirent non seulement de remarquables monuments, mais furent aussi les artisans d'un renouveau de l'urbanisme qui a donné leur physionomie moderne à de nombreuses cités lombardes ou à certains de leurs quartiers : de Milan à Côme, de Bergame à Brescia, des collines de la Brianza aux rives des lacs alpins qui sont entourés de palais.
Après la mort, en 1817, d'Appiani qui avait été le « premier peintre » du royaume d'Italie, ce fut Francesco Hayez qui prit sa place et qui devint le chef d'école de l'art romantique en Italie. Mais cette forme banale de la peinture d'histoire est de peu d'intérêt. À cette époque, l'art lombard trouve ses plus prestigieux et ses plus valables représentants en Giovanni Carnevali, dit le Piccio, dans les maîtres de la Scapigliatura (parmi lesquels on peut au moins citer D. Ranzoni) et dans le sculpteur Medardo Rosso, qui travailla à Paris avec Rodin et les peintres impressionnistes.
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