Dans la mythologie du Nord, Loki est le dieu du Mal. Mais cette définition est peu éclairante, car la conception que l'on peut se faire du « mal » varie infiniment avec les lieux, les époques, les hommes, les cultures ; et, comme le Nord présente un phénomène caractérisé de brassage (de peuples et d'influences surtout), il est presque décourageant de tenter de préciser les contours de la figure, énigmatique par excellence, de Loki. C'est donc en manière d'hypothèse que l'on risquera quelques approches explicatives.
On peut avancer que Loki fut, à l'origine, l'un de ces géants constitutifs du monde primitif, une de ces puissances organiques que le Nord mythologique a connus par dizaines. Un texte le donne du reste expressément pour le fils d'un couple de géants : Laufey (ou Nál) et Fárbauti. Snorri Sturluson dans son Edda présente un certain Utgardhar-Loki, Loki des Enceintes extérieures, qui triomphe de Thórr lui-même, par la magie. Les géants devinrent assez rapidement des personnifications de la destruction, de la méchanceté et du Mal ; Thórr, dont la fonction essentielle est de les combattre et de les abattre, leur dut l'extrême popularité qu'il connut chez les Vikings. Or, une des étymologies possibles du mot loki implique l'idée de fermeture, de fin, partant, de destruction. C'est à ce titre que se justifieraient la fraternité jurée de Loki et ses relations étroites avec Oddin, lui-même descendant de toute une lignée de géants et, comme lui, versé au plus haut point dans l'art de la magie. D'ailleurs, sous le nom de Lódhurr, Loki participe, avec Oddin et Hoenir, autre dieu énigmatique, à la création de l'homme et de la femme, à partir de troncs d'arbres échoués sur le rivage de la mer. À ce couple initial il est censé donner « couleur » et forme humaine. Comme, de plus, il est souvent appelé encore Lopt (air, atmosphère), on pourrait voir en lui un génie aérien, sinon un génie du feu, puisqu'un mythe le montre brûlant une de ses inventions, le filet. Par là, il évoquerait Prométhée qui, l […]
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