2. Logique épistémique
L'un des objectifs d'une théorie de la connaissance est de parvenir à une description satisfaisante des concepts de « croire » et de « savoir ». À supposer cette tâche réalisée de manière suffisamment systématique, on pourra donner des propriétés de ces deux concepts et de leurs relations mutuelles une définition axiomatique (dans une perspective plus modeste, ces définitions axiomatiques serviront au moins à clarifier diverses options possibles, à en formuler explicitement les présupposés ou à en vérifier la cohérence).
On appellera logique épistémique tout système formel construit sur la base d'un langage comportant des opérateurs de « croyance » et de « savoir ». Il convient toutefois de préciser que la propriété d'être « épistémique » n'est aucunement une propriété intrinsèque d'un système formel, mais plutôt une propriété que nous serions éventuellement disposés à lui attribuer au cas où l'une de ses interprétations coïnciderait, au moins partiellement, avec les résultats d'une analyse informelle des concepts de « croire » et de « savoir ». Cette mise au point effectuée, on sacrifiera dans la suite à l'usage et à la brièveté en parlant de « logique épistémique », et non d'« interprétation épistémique d'un système formel » comme devrait être le cas.
Formellement, les expressions « a sait que » et « a croit que » sont des opérateurs qui, appliqués à des propositions, en produisent de nouvelles. Ces opérateurs ne sont pas vérifonctionnels : dans le contexte d'un opérateur épistémique, il est généralement impossible de substituer l'un à l'autre deux énoncés de même valeur de vérité sans modifier la valeur de vérité de la phrase tout entière. Ainsi, bien que « John Steinbeck est John Steinbeck » et « John Steinbeck est l'auteur de À l'est d'Éden » aient même valeur de vérité, la vérité de la proposition « a sait que John Steinbeck est John Steinbeck » n'entraîne nullement la vérité de « a sait que John Steinbeck est l'auteur de À l'est d'Éden ». Tout cela apparente étroiteme […]
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