1. La genèse d'une nouvelle branche des mathématiques : quelques repères historiques
Des questions philosophiques dont est historiquement issue la logique mathématique, il n'est pas question de rendre compte ici (voir notamment logique, fondements des mathématiques, formalisme, théorie de la démonstration, hilbert, intuitionnisme, bolzano, dedekind, frege, russell). Nous nous proposons seulement de poser quelques jalons chronologiques sur un parcours qui, en un peu plus d'un siècle, a conduit la logique, en tant que discipline mathématique, du néant à la pleine existence.
• Enfance : 1847-1908
La logique contemporaine naît au cours de la seconde moitié du xixe siècle au confluent de plusieurs courants de pensée.
Un premier pas est accompli par G. Boole et A. de Morgan, en 1847 : ils développent le calcul propositionnel comme calcul booléen. C'est l'algébrisation de la logique, à laquelle contribuent également C. S. Peirce, E. Schröder, H. MacColl et d'autres.
Mais s'il fallait retenir une date unique de naissance, ce serait celle de la publication du Begriffsschrift de Gottlob Frege, 1879, qui marque le début de la formalisation de la logique et du formalisme comme philosophie programmatique des mathématiques. Dans cette œuvre géniale, mais largement méconnue jusqu'à Russell, apparaissent non seulement les ingrédients du calcul des prédicats (prédicats, variables et quantificateurs), mais aussi la « méthode logistique » dont l'essence tient dans la notion de système formel antérieur à toute interprétation. Peirce aboutit indépendamment à la notion de quantificateurs (le terme est de lui) vers 1885. De même, Russell rejoint, dans ses Principles of Mathematics de 1903, bon nombre des conclusions du Begriffsschrift.
Enfin la logique est appelée à un rôle décisif dans le vaste mouvement d'axiomatisation des mathématiques. L'analyse étant axiomatiquement […]
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