3. Le monnayage
À partir du xiiie siècle, le monnayage est à nouveau concentré entre les mains du pouvoir royal qui définit souverainement le régime de la frappe des monnaies et fixe le cours légal des espèces. Comme les espèces frappées tirent leur valeur de la quantité de métal qu'elles contiennent, le cours commercial des métaux impose au pouvoir de fixer des cours légaux cohérents par rapport aux cours commerciaux. Des écarts peuvent cependant apparaître pour des périodes plus ou moins longues, mais des mutations (modification du cours légal) s'imposent pour rétablir une coïncidence entre les cours. Ce souci interfère toutefois avec le désir de certains souverains de tirer parti des écarts, au besoin en les suscitant artificiellement pour augmenter leurs revenus. Le public se défie alors, fuit la mauvaise monnaie, c'est-à-dire celle dont le cours est surévalué.
• L'émission de monnaie
La fabrication des monnaies est d'abord concédée à bail ou en régie à des ateliers, ou hôtels des monnaies dirigés, par un maître. Le bail fixe le nombre de marcs à monnayer chaque année ainsi que la répartition entre les catégories de pièces. Le maître achète le métal fin au tarif officiel et il a la responsabilité de la préparation des alliages, selon le cahier des charges légal et l'état de l'art. La fabrication est contrôlée par plusieurs officiers royaux dont le garde des fers, ou coins monétaires, utilisés pour la frappe des pièces. Il veille à l'exécution des seules opérations autorisées. L'essayeur est chargé de vérifier le titre et le poids. Ouvriers et monnayeurs assermentés sont rémunérés par un prélèvement sur le bénéfice revenant au souverain.
À partir du xive siècle, une administration centrale spécialisée se met en place : la Chambre des monnaies, que le roi et la Chambre des comptes consultent. En 1552, la Chambre devient Cour des monnaies, juridiction souveraine. Elle comprend un nombre variable de généraux-maîtres des monnaies et d'autres fonctionnaires assermentés nommés par le roi. Son rôle est l'exécution des ordonnances royales relati […]
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