6. La stabilisation monétaire
• Les aléas du « stop and go »
L'ancrage nominal de la monnaie nationale redevient une question cruciale avec l'instauration de la convertibilité des monnaies entre elles. Pour l'Angleterre, l'or n'est plus la référence directe ; c'est le dollar qui lui-même est convertible en or à taux fixe. La parité de la livre par rapport au dollar peut fluctuer dans des marges de variation limitées appelant des rachats de monnaie nationale si elle se déprécie trop et réciproquement. La Banque d'Angleterre est donc le gardien de la valeur externe de la monnaie qu'elle protège par sa politique de taux d'intérêt et le volume de ses réserves en dollars. Ce faisant, elle est exposée aux crises de spéculation sur les changes qui secouent fréquemment les marchés. La livre se trouve dévaluée de 14 p. 100 le 18 novembre 1967, revenant de 2,80 à 2,40 dollars.
En fait, la livre est soumise à des tensions chaque fois que le gouvernement, généralement pour préparer les élections à venir, choisit de laisser le déficit budgétaire se creuser et la quantité de monnaie augmenter afin de faire baisser les taux d'intérêt. Comme la balance des opérations courantes s'améliore de 1969 à 1992, ce qui atténue la contrainte extérieure, les gouvernements successifs croient possible d'alterner, en fonction du cycle des élections, des politiques économiques rigoureuses et des politiques plus laxistes (stop and go). Le climat international est caractérisé par l'abandon par les États-Unis de la référence à l'or en 1971, puis celui des changes fixes et ajustables en 1973. Le 23 juin 1972, les autorités britanniques décident de laisser flotter la livre sterling. Cette mesure est en principe transitoire et devrait permettre de trouver un cours réaliste qui prépare l'entrée de la Grande-Bretagne dans la Communauté économique européenne en 1974. Cependant, la livre restera flottante jusqu'en 1990.
La Grande-Bretagne connaît ensuite une période de stagflation prononcée avec une hausse des prix de 15 p. 10 […]
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