5. Le retour à la convertibilité
• Compensation et transférabilité
La Grande-Bretagne met en place, comme les autres pays industrialisés, des contrôles sur les changes, les mouvements de capitaux et même de marchandises pendant la guerre et dans la période de pénurie qui lui succède. Elle bénéficie à plusieurs reprises de lignes de crédit bilatérales négociées avec les États-Unis à des conditions privilégiées. En contrepartie, l'Angleterre est poussée à restaurer la convertibilité or du sterling, ce qu'elle tente du 15 juillet au 20 août 1947, une expérience aussi prématurée que désastreuse. En revanche, après une dévaluation réussie de la livre le 18 août 1949 qui rétablit la compétitivité commerciale du pays, Londres réussit, patiemment, à réorganiser la zone sterling en libéralisant progressivement les transferts et en limitant les balances sterling inconvertibles accumulées par ses créanciers. En rouvrant le marché libre de l'or à Londres dès le 22 mars 1954, l'Angleterre voit la City retrouver son prestige et ses banques préparer la réouverture d'un marché des changes actif. En maintenant une sous-évaluation des balances sterling, le fonds d'égalisation des changes parvient à créer une demande excédentaire de monnaie nationale qui lui permet d'acheter des dollars et de constituer un stock de réserves suffisant pour autoriser la convertibilité du sterling en dollars au bénéfice des non-résidents en 1957.
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