Le livre biblique des Juges doit son nom aux héros dont il rapporte l'histoire, les Juges. Dans la Bible hébraïque, ce livre suit immédiatement le Livre de Josué (dans la classification juive, il est le deuxième des « premiers prophètes »). Diverses traditions y sont recueillies qui décrivent la situation d'Israël après la conquête de la Palestine : les tribus sont en conflit quasi permanent avec les groupes ethniques ou les royaumes voisins. Bien des matériaux de ce livre sont très anciens, certains supposant une tradition orale préalable qui transmettait les histoires isolées des héros de telle ou telle tribu. Des pièces telles que le « cantique de Déborah » (chap. v, poème épique au ton triomphal) et l'« apologue de Yotam » (ix, 7-15, poème gnomique reflétant le mépris pour la monarchie qu'on retrouve en I Samuel, viii) ont été probablement fixés très tôt par écrit. On admet généralement, avec néanmoins plus ou moins de réserves ou de nuances, que le Livre des Juges porte l'empreinte d'un rédacteur deutéronomiste. D'aucuns pensent même que c'est dans cette œuvre que le document D a investi le meilleur de sa méthode. Si le gros bloc du livre (iii […]
