Le Livre de bon amour (Libro de buen amor), poème où se conjugue l'influence du mester de clerecía (poésie savante, poésie des clercs) et celle, plus populaire, du mester de juglaría (poésie populaire, poésie des troubadours), propose, dans des tonalités diverses, qui vont du cynisme à l'élan spirituel, une sorte d'art d'aimer à la fois réaliste, moralisateur, burlesque ou idéalisé.
Le livre, dont la date de rédaction est incertaine (1330 ou 1343), compte plus de sept mille vers. Il semble avoir pour fil conducteur l'autobiographie fictive de l'auteur, qui déclare s'appeler Juan Ruiz (1285-1350) et se prétend archiprêtre de Hita, dans la province de Guadalajara.
Cet ouvrage, composé avec soin malgré son désordre apparent, comprend des matériaux divers : de nombreux exempla (fables, contes, anecdotes) ; une adaptation de l'Art d'aimer d'Ovide (ier siècle) ; la reprise, sous forme narrative, du Pamphilus de amore, une comédie latine du xiie siècle, fort répandue dans toute l'Europe ; l'adaptation de divers a […]
