En 1920 paraît Ion, roman de Rebreanu, en deux volumes massifs. La critique est enthousiaste. L'Académie roumaine décerne à l'auteur, jusque-là peu connu, son prix Nǎsturel. En vingt ans, il publie deux autres chefs-d'œuvre et beaucoup de récits mineurs. Avec Rebreanu, le roman roumain est né et une voie s'est ouverte dans laquelle s'engageront bon nombre d'écrivains de talent, dont aucun cependant n'a réussi jusqu'à ce jour à éclipser ce Zola, sinon ce Tolstoï, de la Roumanie moderne.
Liviu Rebreanu est né à Tîrlişina, petit village des environs de Cluj, au cœur de la Transylvanie, alors sous la domination hongroise. Treize enfants lui succéderont au foyer de l'instituteur Vasile Rebreanu, qui occupe ses loisirs à rédiger des narrations paysannes et morales. Sa mère rêve de le voir devenir prêtre ; son père, instituteur ; lui, aimerait être médecin. Cependant, comme les études coûtent cher, il entre en qualité de boursier à l'académie militaire de Budapest. Il en sort sous-lieutenant d'infanterie, mais démissionne en 1908. Il a dans sa cantine un recueil de nouvelles, dont l'une est publiée par la revue
