Liu Yuxi n'est pas un des grands noms de la poésie chinoise classique, mais une demi-douzaine de ses poèmes, nous dit un critique moderne sévère, lui ont permis de survivre à l'oubli. Sa vie est à la fois banale et intéressante parce que typique de son époque. Entré dans l'administration impériale par la grande porte de l'« examen de la vaste érudition et de la grande composition » (moins d'un pour cent des candidats, pourtant choisis parmi les meilleurs des lettrés des provinces, le réussissaient), il est nommé censeur ; bientôt cependant, à cause de son amitié avec un Premier ministre qui tombe en disgrâce, il est banni au sud de la Chine. Il n'est pas sans intérêt de dire que leur amitié était liée à une même politique, celle d'une ouverture de la bureaucratie à de nouvelles classes sociales, contre le parti des grandes familles, au pouvoir depuis des générations. Liu Yuxi passera plus de vingt ans dans diverses villes de province avant d'être rappelé à la cour comme secrétaire du ministère des Rites. Son amitié avec le grand personnage qui l'a appelé à ce poste lui vaut de quitter la cour lorsque ce dernier prend sa retraite. Ainsi les aléas de sa vie sont-ils typiques des m […]
