À la différence des procédés de gravure dits « en creux » (pour le métal) et « en relief » (pour le bois), la lithographie est un procédé « à plat ». Le dessin est tracé à l'encre grasse sur la pierre lithographique, un fin calcaire bavarois, très poreux, laquelle est ensuite humidifiée et enduite d'encre d'imprimerie : l'encre ne se dépose alors que sur les surfaces dessinées, car elle est repoussée par les surfaces humides, conformément au principe chimique de la répulsion de l'eau et des corps gras. Tirée à l'aide d'une presse spéciale, l'épreuve, bien qu'inversée, semble être le dessin même et confère à la gravure multiple l'aspect d'un original. Cette extrême simplicité technique alliée à la fidélité de reproduction devait déterminer le succès de la lithographie auprès des artistes romantiques et sa diffusion commerciale sous la monarchie de Juillet et le second Empire.
Du point de vue de l'histoire des formes, la lithographie favorisa l'invention de la vignette, dont l'aspect dynamique et tourbillonnant, non cadré, se prête aux projections de l'imaginaire. Le grain de la pierre lithographique conférait aux planches une intensité contrastée, une teinte veloutée qui ad […]
