5. Un épilogue soviétique
Enseignant à nouveau aux Vkhoutemas à partir de 1925, Lissitzky assure l'aménagement des pavillons soviétiques dans les grandes expositions internationales : à l'Exposition de la presse à Cologne en 1928, notamment, où il obtient une consécration européenne. Ces installations officielles déclinent le principe d'un environnement interactif avec des moyens plus ouvertement spectaculaires, censés répondre à la sensibilité populaire.
En 1929, l'artiste s'établit définitivement en Union soviétique ; il meurt en 1941, près de Moscou. Sa foi envers les idéaux révolutionnaires le mène à un compromis proportionnel au durcissement progressif du régime. Dans ses affiches et livres de propagande, de même que dans les projets architecturaux qu'il continue de soumettre – sans succès – aux concours de l'État, on observe un retour de la figuration et du monumental qui n'exclut pas, pourtant, une mise en espace de type avant-gardiste. En 1930, il publie à Vienne un volume réunissant ses écrits et ses projets : Russie ; la reconstruction de l'architecture en Union soviétique, largement diffusé et traduit en anglais. Selon le mot d'Yve-Alain Bois, son œuvre tout entière peut être qualifiée de « projetative » : nourrie d'une forte ambition utopique, elle s'est vouée à penser la transition entre les formes fixes et hiérarchisées de l'espace euclidien, et celles, mobiles et interactives, d'une société sans classes qui serait née du progrès industriel.
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