4. L'espace urbain
L'importance des discontinuités dans l'espace urbain est à l'origine du charme mais aussi des difficultés de gestion de Lisbonne. Outre la coupure fluvio-maritime du Tage, le relief accidenté à l'origine de ruelles escarpées parcourues d'escaliers, équipées d'ascenseurs ou de funiculaires, il faut tenir compte également des séquelles d'une politique urbaine chaotique. Si les 8 180 hectares de la municipalité furent bien contrôlés, au-delà de ces limites, les plans d'urbanisme furent le plus souvent subvertis pour donner naissance à des quartiers dits « clandestins » dont l'intégration dans un schéma rationnel s'avéra coûteuse pour les collectivités locales. En 1991, une aire métropolitaine de 3 119 kilomètres carrés incluant dix-neuf municipalités fut une étape en vue d'un aménagement global.
• La ville au nord du Tage
La ville s'est d'abord confondue avec son port, dont l'extension le long du fleuve est jalonnée par les grands monuments de l'art manuélin (tour de Belém, monastère des Hiéronymites). S'il reste encore quelques vestiges industriels et des installations portuaires, la restitution de l'espace fluvio-maritime à la ville s'est effectuée à l'exemple de Barcelone, de Gênes ou de Marseille, depuis la fin des années 1980. L'Exposition universelle de 1998 fut l'occasion d'un plan de modernisation de la partie nord-est de la ville. À cet endroit, le Tage n'a pas les profondeurs requises par la navigation moderne et, le long du fleuve, les friches industrielles s'étaient multipliées. Très coûteuse et prise en charge par l'État, la réhabilitation s'est accompagnée de réussites architecturales telle la gare édifiée par l'architecte espagnol Santiago Calatrava ; mais le nouveau quartier reste sans vie et mal intégré au tissu urbain.
L'accès au plateau de l'intérieur demeure assuré le long du ravin dont les deux bords sont parcourus par l'avenue de la liberté (Avenida da Liberdade) et par l'avenue de l'amiral Reis (Avenida Almirante Reis) puis de l'amiral Gago Coutinho q […]
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