C'est une famille à laquelle s'applique presque parfaitement la définition que Louis Emberger donne des Géraniales : « Plantes herbacées à feuilles [...] simples, alternes, et presque toujours stipulées. Le type floral cyclique, pentamère, est la règle [...] gynécée toujours supère, à carpelles se séparant souvent à la maturité du fruit.... Ovules anatropes, épitropes suspendus, au nombre de un ou deux par carpelle ».
Linum usitatissimum, le lin, illustre bien une telle définition. Ses tiges grêles mais renforcées de longues fibres, utilisées dans l'industrie textile (après « rouissage » qui décompose les tissus mous par macération dans l'eau), portent d'élégantes feuilles allongées mais sans stipules. Les boutons floraux qui terminent ces tiges ferment leurs cinq sépales sur une corolle bleutée à pièces légèrement tordues qui vont ensuite s'épanouir en étoile. La floraison du champ de lin semble refléter le bleu du ciel. À maturité, les fruits sont des capsules à cinq loges que des cloisons dédoublent pour constituer dix cavités ; ils libèrent des graines dont on peut extraire l'huile de lin et des mucilages utilisés comme émollients dans la pharmacopée tradition [… ]
