Au début de l'année, une grande partie de l'attention en Libye se focalise sur les circonstances de la libération, en août 2009, de l'ancien agent secret libyen Abdelbaset Ali Mohamed Al-Megrahi. Incarcéré en Écosse, il avait été condamné en 2001 pour l'attentat de Lockerbie qui, perpétré en 1988 contre un Boeing-747 de la PanAm, avait fait deux cent soixante-dix morts. Après avoir purgé huit des vingt-sept années de sa peine, il est relâché pour raisons de santé (cancer en phase terminale). Rentré en Libye, l'ancien détenu ne succombe pas à la maladie, alimentant ainsi les débats sur sa libération. Certains pensent que le géant pétrolier B.P. aurait usé de son influence dans cette affaire pour faciliter la signature d'un contrat d'exploration d'un montant de 900 millions de dollars avec la Libye. En juillet 2010, plusieurs sénateurs américains demandent au gouvernement britannique d'enquêter sur ces allégations. Au cours du même mois, la presse britannique publie des documents présentant une autre hypothèse : la libération du terroriste pourrait être liée à des négociations entre Tripoli et Londres concernant des ventes d'armes. Les autorités britanniques démentent ces accusations, tandis que la Libye garde le silence. B.P. commence en novembre ses opérations de forage en eaux profondes dans le golfe libyen de Syrte.
Alors que l'affaire Megrahi et l'attentat de Lockerbie deviennent secondaires à partir du milieu de l'année se tient à Berlin, en septembre, le procès de deux Libyens, identifiés sous les noms d'Adel Al. et d'Adel Ab., soupçonnés d'avoir espionné des membres de l'opposition libyenne en Allemagne pour le compte des services de renseignement libyen de 2007 à leur arrestation en mai 2010.
La Libye accueille la réunion de l'Union africaine en mai et le sommet extraordinaire de la Ligue arabe en octobre. Ces deux événements sont organisés sous le signe du rapprochement entre Tripoli et Ankara. Durant sa visite en janvier, le ministre d'État turc Mehmet Zafer Caglayan fait état des intentions libyennes d'investir 100 milliards de dollars en Turquie au cours des trois prochaines années. Par ailleurs, les entrepreneurs turcs détiennent 75 p. 100 du marché du bâtiment libyen.
Tripoli signe son premier partenariat économique avec l'Union européenne en mai. En octobre, le sous-secrétaire d'État américain chargé des affaires politiques et militaires rencontre des responsables libyens afin d'engager des négociations visant à déboucher sur de nouveaux partenariats.
Amira HOWEIDY
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