5. Une économie exsangue
Que dire d'une économie sinistrée par des années de guerre, sinon qu'elle est entièrement à reconstruire ? Le pays dispose, certes, de ressources naturelles appréciables mais leur exploitation a longtemps été livrée aux pillages des factions en lutte. À ces facteurs se sont enfin ajoutées les sanctions imposées par le Conseil de sécurité de l'O.N.U. au régime de Charles Taylor. Le budget du gouvernement de transition pour 2005-2006 n'était que de 80 millions de dollars, dont le cinquième a été officiellement alloué au secteur social, mais avec 2 p. 100 seulement dépensés dans le cadre de travaux publics, une priorité cruciale pourtant. La reprise de l'aide internationale est freinée par l'ampleur de la dette extérieure (3,5 milliards de dollars en 2006). Lors de la conférence internationale sur la reconstruction du Liberia, à New York, les 5 et 6 février 2004, les bailleurs de fonds ont fait des promesses de dons de 522 millions de dollars. Une manne nécessaire pour un pays dont le P.I.B., en 2005, ne s'élevait qu'à 614 millions de dollars, et le P.N.B. par habitant à 175 dollars. Le taux de chômage y est de 85 p. 100. L'unique lueur d'espoir vient en fait du taux de croissance, de 8 p. 100 en 2005. Une bonne moitié du P.I.B. était couverte par l'agriculture et la pêche en 2004, contre 25,9 p. 100 pour les forêts, 5,4 p. 100 pour l'industrie et 17,7 p. 100 pour les services. Ces données sont toutefois à prendre avec précaution, compte tenu des pillages dont est notamment victime l'exploitation des diamants et du bois.
Pareillement en déshérence est le système éducatif. En 2001, la scolarisation dans le primaire ne touchait que moins de 30 p. 100 des enfants âgés de 12 à 17 ans ; seulement 45 p. 100 des hommes et 32 p. 100 des femmes avaient accès au secondaire. L'enseignement supérieur n'accueillait que 3,2 p. 100 des Libériens.
Le mandat d’Ellen Johnson Sirleaf se caractérise par une politique d’entente nationale, la lutte contre la corruption et la criminalité, et la difficile mise en œuvre de réformes économiques.
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