4. Caractéristiques générales des liaisons
Deux cas sont à distinguer : les liaisons localisées et les liaisons délocalisées, c'est-à-dire conjuguées. Correspondant à un nuage électronique répandu sur toute la molécule, les liaisons conjuguées ont perdu leur individualité et le système doit être étudié dans son ensemble.
Les liaisons localisées sont pratiquement indépendantes du reste de la molécule, si bien qu'elles possèdent des caractéristiques à peu près constantes. Le tableau indique les valeurs des deux plus importantes : la longueur et l'énergie, pour quelques liaisons.
La constance des longueurs de liaison A − B dans les molécules permet de définir le rayon de liaison r des atomes par la relation : dAB = rA + rB.
Si les atomes A et B liés ne sont pas de même nature, la densité électronique ne possède plus, comme pour H2, le plan médiateur du segment qui est formé par les noyaux comme plan de symétrie. Le nuage électronique est déplacé vers l'un des atomes, A par exemple ; on dit que A est plus électro-négatif que B. Mais il importe de préciser que jamais, dans une molécule, on n'aboutira à un déplacement total des électrons avec formation d'ions.
Le centre de gravité des électrons ne coïncidant alors plus avec celui des noyaux positifs, la liaison possède un moment dipolaire. Les moments des diverses liaisons se composent géométriquement pour donner le moment dipolaire total de la molécule.
Une autre caractéristique importante des liaisons est leur polarisabilité α, c'est-à-dire la facilité avec laquelle elles se déforment sous l'effet d'un champ électrique E extérieur, acquérant l'énergie supplémentaire : 1/2 αE2. Plus que la polarité liée au moment dipolaire permanent, la polarisabilité joue un rôle dans les problèmes de réactivité.
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