Li Shangyin a été longtemps quasi ignoré des sinologues occidentaux et même des chercheurs modernes chinois, il était trop à part de la poésie classique chinoise, trop difficile aussi pour être étudié autrement que de façon superficielle. Mais voici que depuis quinze ans plusieurs dizaines d'ouvrages et d'articles lui ont été consacrés en Extrême-Orient, et plusieurs sinologues occidentaux ont à la fois entrepris de lui vouer leurs recherches. Pourquoi cet intérêt ? Sans doute à cause de tous les problèmes qu'il pose.
Li Shangyin n'a pas mené une existence très remarquable ; plusieurs points de sa biographie demeurent obscurs. Il vécut au dernier siècle des Tang, à une époque où la dynastie, déjà bien engagée sur la pente de la décadence, aux prises avec les luttes des factions, les intrigues des eunuques et les guerres intérieures et extérieures, essaie de subsister et parfois de reprendre une route ascendante. Né dans une famille de petit mandarinat, orphelin de bonne heure, Li Shangyin connut une adolescence pauvre et indépendante. Il se fait remarquer par sa culture et, à l'âge de seize ans, entre au service d'u […]
