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LI HONGZHANG [ LI HONG-TCHANG ] (1823-1901)

Appartenant à une famille de notables de l'Anhui, Li Hongzhang fait des études universitaires, puis, de 1853 à 1857, participe à la défense de cette région contre les Taiping en organisant des milices locales. Celles-ci forment le noyau de l'armée de la Huai (Huai jun), créée en 1861, qui permet à Li d'asseoir son influence personnelle, tout en coopérant avec son protecteur Zeng Guofan et avec Zuo Zongtang. Il se concilie aussi l'appui étranger. Pour reprendre aux Taiping le Jiangsu dont il est nommé gouverneur en 1862, il utilise la troupe de mercenaires commandée par l'Anglais Charles Gordon. Il mène à bien la répression de la rébellion des Nian (1867-1868), est envoyé contre les Miao au Guizhou et contre les musulmans révoltés au Shānxi. En 1870, il devient grand secrétaire et gouverneur général du Zhili (Hebei). Dans ces fonctions où il se maintient presque sans interruption jusqu'à sa mort, il entreprend une politique de modernisation militaire (écoles, arsenaux, chantiers navals) et économique (usines, navigation à vapeur, chemins de fer, télégraphe), mais limitée aux régions placées sous son influence et dépendante de l'aide étrangère. Il tient une place unique dans la hiérarchie politique, rivalisant avec un gouvernement central affaibli, grâce au réseau de ses collaborateurs (hommes d'affaires comme Sheng Xuanhuai, militaires comme Yuan Shikai, lettrés comme Ma Jianzhong), à son énorme fortune, fruit d'une corruption notoire, et à la faveur de l'impératrice douairière Cixi qui lui devait d'avoir conservé le pouvoir en 1875. Plénipotentiaire dans toutes les grandes négociations diplomatiques (convention de Zhifu en 1876, conflit franco-chinois de 1882 à 1886, traité de Shimonoseki en 1895, protocole de 1901), il est fêté, au cours d'un mémorable tour du monde en 1896, par les gouvernements étrangers qui apprécient son réalisme et son esprit de conciliation. Mais ses compatriotes lui reprochent d'avoir sacrifié l'intérêt national à son pouvoir personnel, sans avoir su éviter ni préparer la guerre sino-japonaise, et d'avoir conduit son pays à des capitulations dont ses talents ne pouvaient dissimuler l'étendue.

Michel BRUGUIÈRE

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CHINE - Histoire jusqu'en 1949

Écrit par :  Jean CHESNEAUXJacques GERNET

Dans le chapitre "Tentative de modernisation à l'occidentale : le yangwu"  : …  , les derniers, sans doute, qu'ait produits l'Ancien Régime chinois : tels Zeng Guofan, Zuo Zongtang, *Li Hongzhang. Ce sont des hommes nouveaux, qui sont arrivés au pouvoir à la faveur de la répression des grandes insurrections (Taiping, musulmans, etc.) ; l'efficacité dont ils ont fait preuve, à la tête des milices locales levées par les… Lire la suite

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