4. De Li Cheng à Guo Xi
Les plus belles des œuvres traditionnellement attribuées à Li Cheng, outre le Temple dans la montagne, mentionné plus haut, lui sont toutes des peintures postérieures d'un siècle au moins. La Forêt hivernale (collection de l'Ancien Palais, Taiwan), la Lecture de la stèle (collection Abe, Ōsaka) lui sont attribuées pour la simple raison que leur sujet (arbres dénudés) et leur construction spatiale en pingyuan avec horizon bas répondaient à un certain cliché théorique dont on se sert pour définir son art. La manière de ces œuvres, surtout en ce qui concerne la dernière, se situe en fait dans l'orbite plus baroque et expressionniste de Guo Xi. Mais, d'un autre côté, nous savons précisément par les sources littéraires que Guo fut avant tout influencé par Li Cheng. Comment devrait exactement se dessiner la courbe d'évolution qui conduit de Li à Guo ? Dans ce qui paraît aujourd'hui spécifique de la manière de Guo, quelle est en fait la part d'innovation de la part d'héritage ? L'étude exhaustive du problème de Li Cheng reste à faire ; mais elle soulèvera probablement plus de questions qu'elle n'en résoudra et, moins qu'à une monographie sur un artiste, elle aboutira plutôt à un essai de méthodologie, discutant de façon critique la validité de l'usage qui peut être fait des sources littéraires dans l'étude de la peinture chinoise ancienne.
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