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LI CHENG [ LI TCH'ENG ] ET FAN KUAN [ FAN K'OUAN ] ( Xe-XIe s.)

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L'étude de Li Cheng, cette grande ombre insaisissable qui domine l'âge d'or du paysage chinois classique, est pour les historiens de la peinture chinoise la source des plus vives frustrations. Les auteurs anciens attestent unanimement de l'importance de son œuvre qui, avec celle de Guan Tong et de Fan Kuan, ouvrit la voie du paysage Song en lui donnant d'emblée sa plus haute et plus puissante expression. Mais cet artiste, en qui la critique Song voyait « le plus grand paysagiste de tous les temps », élude presque invinciblement l'analyse : il ne subsiste plus aujourd'hui une seule œuvre qui puisse lui être attribuée directement, et les sources littéraires, prodigues de louanges abstraites, se montrent incapables de fournir des indications tant soit peu précises sur la nature spécifique de ses créations.

Quant à Fan Kuan, qui a vraisemblablement subi l'influence des deux grands pionniers du paysage, Jing Hao et Li Cheng, il est difficile de déterminer ce que son art leur doit puisqu'il ne reste de ces deux maîtres que des œuvres d'attribution discutable.

1.  Incertitudes biographiques

À l'instar de son œuvre, la vie de Li Cheng reste entourée d'obscurité. Sa chronologie est incertaine : une source permet de déduire qu'il serait né en 918 et mort en 967, mais, selon d'autres, il faudrait décaler ces dates de quelque deux décennies. Sa famille était originaire de Chang'an mais pour échapper aux troubles qui accompagnèrent la chute des Tang elle s'installa au Shandong. Comme Jing Hao, Guan Tong et Fan Kuan, Li Cheng est un homme du Nord : la conception classique du paysage entre le xe et le début du xiie siècle est dans une large part liée à un certain milieu naturel sévère et grandiose. Li Cheng reçut une excellente formation littéraire ; descendant de la famille impériale des Tang, son sort fut celui d'un aristocrate déchu qui cherche refuge dans la hautaine solitude de l'art et l'évasion individualiste de la poésie et du vin. Une source fait état de son entrée dans la cours … ]

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GUO XI [KOUO HI] (1020 env.-env. 1100)

Écrit par :  Pierre RYCKMANS

Dans le chapitre "Tradition et innovation"  : …  La dette de Guo Xi envers ses grands devanciers, *Li Cheng et Fan Kuan (dont la majesté statique et l'objectivité impassible correspondent véritablement à un classicisme), est évidemment considérable. Si l'on en croit les sources littéraires, c'est l'influence de Li Cheng qui dut surtout primer (l'importance du phénomène est difficile à évaluer… Lire la suite

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