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MUMFORD LEWIS (1895-1990)

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3.  La défense du régionalisme urbanistique et architectural

Lewis Mumford s'est fait le défenseur critique de l'architecture moderne. La première partie de son œuvre comme historien de la culture architecturale se fonde sur un rejet de l'architecture « Beaux-Arts » aux États-Unis, de son monumentalisme inadapté aux réalités d'un pays qui se veut démocratique (voir le chapitre « The Imperial Façade » de Sticks and Stones). Après la Seconde Guerre mondiale, le Style international dans sa prétention à l'universalité remplace l'architecture « Beaux-Arts » comme cible de Mumford. Déjà, en 1941, dans The South in Architecture, à partir d'un réexamen de l'œuvre d'Henry Hobson Richardson, il avait prôné un régionalisme bien compris qu'il opposait au régionalisme rétrograde des pays totalitaires des années 1930. Un régionalisme prenant en compte les données vernaculaires lui paraissait être un rempart contre les dangers d'uniformité inhérents au Style international. La défense du régionalisme architectural le conduit après la Seconde Guerre mondiale à soutenir des architectes californiens exerçant autour de la baie de San Francisco comme William Wurster. Ainsi le Bay Region Style est-il, selon lui, une réponse aux dérives académiques du Style international.

La réflexion de Lewis Mumford s'est nourrie d'une longue activité de critique d'architecture et d'urbanisme pour le New Yorker. De 1931 à 1963, il se montre dans sa chronique « The Sky Line » un critique animé de convictions mais sans dogmatisme, soucieux de la qualité des espaces et du confort des usagers. Cet ensemble impressionnant de textes journalistiques auquel il faut ajouter d'innombrables articles publiés dans des revues spécialisées, constitue un remarquable témoignage sur l'itinéraire d'un intellectuel américain à la fois savant et flâneur, observant et décryptant des spectacles urbains souvent déconcertants. Ce n'est pas le moindre intérêt de son œuvre.

Lewis Mumford ne se contenta pas d'être un critique et un historien. Il fut activement présent comme citoyen. En témoignent ses nombreuses responsabilités prises dans des instances de planification urbaine, ses engagements en faveur du logement social ou ses combats contre le nazisme et son refus militant de l'intervention américaine au Vietnam.

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URBANISME - Théories et réalisations

Écrit par :  Françoise CHOAY

Dans le chapitre "Critique de l'urbanisme progressiste. L'urbanisme en question"  : …  par la stéréotypie, le gigantisme, la pauvreté formelle et sémantique des nouveaux ensembles. *Lewis Mumford (1961), Jane Jacobs (1961) puis C. Abrams (1964) s'accordent pour dénoncer le caractère totalitaire, l'indifférence à l'égard des problèmes sociaux et le mépris de l'individu qui marquent les réalisations de l'urbanisme progressiste.… Lire la suite

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