Physicien et chimiste français né à Saint-Pétersbourg (Leningrad) et mort à Genève. Lew Kowarski commence ses études en Belgique (1923), puis les poursuit à l'université de Lyon (France), où il obtient le diplôme d'ingénieur chimiste (1928). Secrétaire technique, puis ingénieur d'études à la société Le Tube d'acier pendant plusieurs années, il s'intéresse en même temps à la biochimie et soutient une thèse de doctorat ès sciences en physique moléculaire sous la direction de Jean Perrin. Il entre ensuite au laboratoire Curie dirigé par Frédéric Joliot. En 1939, il effectue avec F. Joliot et H. von Halban les premières expériences montrant que la fission de l'uranium est accompagnée d'une émission de neutrons en nombre suffisant pour provoquer une réaction en chaîne. En 1940, Joliot, se refusant à quitter son laboratoire du Collège de France, envoie ses deux collaborateurs en Angleterre afin que ceux-ci, qui emportent avec eux la totalité du stock mondial d'eau lourde provenant de Norvège, puissent poursuivre leurs recherches à Cambridge. Lorsque les Alliés décident, quatre ans plus tard, l'installation en territoire canadien d'un réacteur nucléaire, c'est Kowarski qui est chargé de l'étude et de la construction du réacteur. À son retour en France (fin 1945), il est nommé directeur des services scientifiques du Commissariat à l'énergie atomique, dirigé par F. Joliot, et entreprend la réalisation de la première pile expérimentale française Zoé (1948), puis de la deuxième pile EL 2 (1952).
Conseiller de la délégation française auprès de la Commission des Nations unies pour le contrôle de l'énergie atomique, il prend part aux premières discussions sur la construction du Centre européen de recherches nucléaires (C.E.R.N.), dont il dirige un groupe en 1954. Il est chargé de l'aménagement des lieux, de la construction des bâtiments et des questions administratives. Directeur de la division des services scientifiques et techniques du C.E.R.N. (1954), il supervise le démarrage de plusieurs appareils (électronique, chambre à bulles, cryogénie), le service de documentation et celui des ordinateurs. À partir de 1960, et jusqu'à sa retraite en 1972, Kowarski dirige la division des données et documents du C.E.R.N. et la construction de plusieurs appareils nouveaux (Luciole, H.P.D., etc.). Il participe en qualité de conseiller scientifique de l'Agence européenne pour l'énergie nucléaire aux activités de cette organisation.
Georges KAYAS
Retour en haut



