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LEUCORRHÉES

On nomme leucorrhées des écoulements normaux ou anormaux perçus à l'extrémité inférieure du vagin et qui ne contiennent pas de sang.

Les leucorrhées physiologiques sont constituées de la glaire cervicale « blanc d'œuf », à laquelle se mêlent les cellules desquamées du col et du vagin, donnant ainsi un enduit blanchâtre. Ce phénomène est plus ou moins accentué selon les périodes du cycle œstral (plus important en phase préovulatoire), et selon les sujets.

Dans une leucorrhée physiologique, aucune thérapeutique n'est à entreprendre en l'absence de lésions. L'électrocoagulation de l'endocol est à proscrire.

Les leucorrhées pathologiques sont un signe d'infection et doivent être analysées avec soin. Elles peuvent être mousseuses, ou caillebotées, ou plus liquides, parfois nauséabondes, ou être blanches, jaunâtres, verdâtres, etc. L'examen au spéculum notera aussi l'aspect du col et l'association éventuelle de pus dans l'endocol, ce qui peut orienter le diagnostic étiologique.

L'aspect clinique et colposcopique peut déjà être évocateur de trichomonase ou de mycose, qui nécessitent un traitement spécifique que l'on pourra entreprendre d'emblée.

Si nécessaire, un examen microscopique direct à l'état frais entre lame et lamelle confirmera le diagnostic conduisant ainsi à l'examen bactériologique en laboratoire pour rechercher des germes ou des parasites responsables. L'existence de polynucléaires altérés en grand nombre, donc de pus, signe l'infection, même si les germes isolés ne sont pas, a priori, pathogènes.

Chez la petite fille, une leucorrhée, associée à une vulvite, est pathologique et doit faire chercher une contamination familiale ou la présence d'un corps étranger intravaginal.

Chez la patiente âgée, la leucorrhée, souvent jaune foncé, s'explique en partie par l'atrophie cervico-vaginale, qui rend les muqueuses moins aptes à se défendre contre les germes : au traitement anti-infectieux on adjoindra donc un traitement hormonal, local en général, qui rendra la guérison rapide et facile.

Chez la femme enceinte, l'infection cervico-vaginale doit être traitée avec soin dans le cas où le bouchon muqueux pourrait être détruit et aboutir à une infection de l'œuf. De toute façon, après l'accouchement, l'instillation de gouttes de nitrate d'argent dans les yeux du nouveau-né (ce qui semble finalement plus efficace que les gouttes antibiotiques) reste systématique pour prévenir la contamination microbienne oculaire de l'enfant.

Chez la femme en activité sexuelle, la découverte de gonocoques, de trichomonas ou de mycoses devra indiquer le traitement systématique du partenaire, ne serait-ce que préventif, avec contrôle bactériologique obligatoire, si le gonocoque est en cause.

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