Document concédé aux protestants de Bohême par l'empereur Rodolphe II de Habsbourg, roi de Bohême. La lettre de Majesté proclame le principe de la liberté religieuse, rétablit comme organe directeur de la nouvelle Église de la confession tchèque le Consistoire d'en bas (dans la ville de Prague), charge l'Université de fournir maîtres et pasteurs. Les députés protestants siégeant dans les trois états de la Diète désignent des « défenseurs » chargés de veiller à l'application de la loi. Charte religieuse, charte politique, charte territoriale, la lettre de Majesté, à la différence de la paix d'Augsbourg de 1555, reconnaît le principe de la liberté religieuse. La Silésie et la Lusace obtiennent des droits analogues. Législation irénique, affirmant, face aux Habsbourg divisés et à la Contre-Réforme issue du Concile de Trente, les droits des états et le principe de tolérance, la lettre de Majesté va sombrer dans les vicissitudes de la guerre de Trente Ans et sera violée par l'empereur Mathias puis révoquée par Ferdinand II qui promulguera en 1629 l'édit de Restitution.
Georges LIVET
Retour en haut



