La crise économique – avec ses conséquences pour le pays et à l'extérieur – constitue la principale source d'inquiétude en Lettonie au cours de l'année 2009. Bien que le ministère des Finances estime que le P.I.B. pourrait chuter d'environ 18 p. 100 sur l'année et que le taux de chômage augmente de près de 20 p. 100, le déclin semble se stabiliser au cours du second semestre.
Les désaccords politiques et le mécontentement populaire viennent principalement des arbitrages que doit faire le gouvernement en matière budgétaire : il lui faut en effet éviter la faillite du pays tout en respectant les conditions nécessaires pour emprunter 10 milliards de dollars à diverses institutions telles que le F.M.I., l'Union européenne et la Banque mondiale. Cet exercice implique de restructurer l'économie, en procédant notamment à une augmentation des impôts, à une réduction des dépenses ainsi qu'à une baisse des aides sociales et des salaires de la fonction publique, mais aussi de rembourser les emprunts de façon systématique et de satisfaire aux critères d'entrée dans la zone euro à l'horizon de 2014.
Incapable de faire véritablement face au mécontentement grandissant de la population et aux intrigues politiques, la coalition du Premier ministre Ivars Godmanis tombe le 20 février. Le président Valdis Zatlers charge Valdis Dombrovskis, du parti d'opposition Nouvelle Ère, de former le nouveau gouvernement. Comme celui-ci a besoin du soutien du Parlement sur les décisions impopulaires qu'il va devoir prendre, Valdis Dombrovskis opte pour une large coalition comprenant notamment certains des partis représentés dans les deux précédents cabinets. Il en résulte un assemblage peu harmonieux, dont la stabilité est mise à l'épreuve non seulement par l'opposition mais aussi par les éléments mêmes de l'alliance au pouvoir, en particulier le Parti du peuple, qui cherche plus à redorer son blason qu'à trouver des solutions aux problèmes dont souffre le pays. Après l'adoption du budget 2010 le 1er décembre, le gouvernement voit s'accroître ses chances de se maintenir au pouvoir jusqu'aux élections législatives de l'automne de 2010.
Le 6 juin, les électeurs désignent leurs députés européens ainsi que les membres des gouvernements régionaux, nouvellement créés. Tandis que le Parti du peuple subit un sérieux revers, le Centre de l'harmonie (alliance de gauche modérée) et le Parti pour les droits civils (centre droit) enregistrent une nette amélioration de leur représentation.
La Lettonie continue de remplir ses obligations internationales malgré les restrictions qu'elle impose dans le pays. Elle met fin, avec d'autres pays de l'Union européenne, à sa mission de maintien de la paix dans les Balkans en octobre et renforce ses troupes en Afghanistan. À l'automne, la Lettonie parvient à maintenir dans ses fonctions de commissaire européen Andris Piebalgs, qui était en charge de l'Énergie et s'occupera du Développement pour son nouveau mandat.
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