Sensibilisé aux problèmes de l'hérédité par la lecture de Zola et notamment par le personnage du docteur Pascal, comme le montre une lettre adressée à l'écrivain en 1894, le zoologiste Lucien Cuénot présenta à l'Académie des sciences, en 1902, une note où il vérifie les lois de Mendel sur des croisements de souris. Ceux-ci lui ont permis de constater la dominance de la couleur grise en première génération et la ségrégation du gris et du blanc dans la deuxième génération, suivant les lois statistiques déjà observées chez les espèces végétales dans le mendélisme.
Redécouverte par Hugo de Vries, Correns et Tschermak en 1900 dans le règne végétal – et, grâce à Cuénot et Bateson, dans le monde animal – les lois de Mendel ont une signification non seulement pratique, mais aussi épistémologique exceptionnelle. En effet, ces lois impliquent un patrimoine héréditaire constitué de facteurs stables qui se transmettent séparément, selon des lois statistiques, à travers les générations et les hybridations successives. En employant le terme de « mnémons » pour désigner ces particules matérielles du plasma germinatif, Cuénot s'avère un précurseur de la notion de gène – baptisée ainsi en […]
