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Lester leaps in Lester Leaps In, Lester Young avec les Kansas City Seven de Count Basie Lester Young (saxophone ténor), Buck Clayton (trompette), Dickie Wells (trombone), Count Basie (piano), Freddie Green (guitare), Walter Page (contrebasse), Jo Jones (batterie) New York, 5 septembre 1939
Crédits: Musique: "Lester leaps in" Lester Young (Lester Young) © Bregman Vocco Conn Inc (Warner Chappell Music France S.A.) (Disques Frémeaux et associés Réf. FA210).
Image: © Hulton Getty Picture Collection.
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Cette composition, attribuée à Lester Young et Count Basie, est l'une des plus jouées dans les jam sessions pendant le mainstream. Cette forme de grille d'accords est nommée «I got rhythm changes» car elle est calquée sur celle de l'air célèbre de George Gershwin I Got Rhythm.
Après sa paraphrase du riff qui tient lieu de thème d'introduction, le chorus du saxophoniste ténor Lester Young témoigne des conceptions nouvelles dans l'improvisation que celui-ci va apporter entre 1936 et 1946. Avant lui, on se contentait souvent d'énoncer les accords. C'est le jeu mélodique qui va ici structurer le discours par une continuité horizontale.
Remarquons également le son détimbré qui influencera les musiciens cool, un vibrato à l'amplitude modérée (on est loin du «gros son» des émules de Coleman Hawkins) et l'utilisation de doigtés alternatifs qui permettent de jouer la même note avec des timbres différents. Notons que Lester Young, originaire du Mississippi, a subi l'influence de Bud Freeman et, surtout, de Frankie Trumbauer.
L'approche rythmique, en opposition avec la frénésie du be-bop, se construit tout en souplesse autour de phrases détachées souvent en syncopes.
Par des ponctuations-relances et un jeu rythmique en accords qui met en valeur le soliste, Count Basie prouve ici qu'il est un accompagnateur inspiré.
La phrase en ostinato de la neuvième mesure de ce cycle montre que le blues est bien présent chez Lester Young, musicien souvent mélancolique et lyrique. Cet ami de Billie Holiday, qui le surnommera Pres («Président»), influencera le style vocal de cette dernière et montrera le chemin aux saxophones ténors Dexter Gordon, Zoot Sims, Art Pepper et au saxophone alto Lee Konitz (on a souvent conseillé à Lester Young de jouer du saxophone alto à cause de la sonorité «sèche» de son instrument, le saxophone ténor).
Ce standard a été enregistré un nombre incalculable de fois. Citons les versions de Charlie Parker, de Miles Davis avec Stan Getz (Tune up, 1953-1954), d'Oscar Peterson (Oscar Peterson Plays the Count Basie Songbook, 1955), ou, plus récemment, de James Carter (Conversin' With the Elders, 1995).
Eugène LLEDO
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