Digne héritier de Vittorio Alfieri (1749-1803), grand défenseur d'une liberté conquise par l'humanité, et luttant constamment pour échapper à un destin médiocre, Ugo Foscolo (1778-1827) n'est pas que l'auteur du premier roman de la littérature italienne moderne, Les Dernières lettres de Jacopo Ortis (1802) inspiré des Souffrances du jeune Werther de Goethe. Il est également le type du romantique exilé, dont l'œuvre poétique est une tentative pour échapper à ce monde, par la beauté féminine et l'exaltation de la nature.
Né dans les îles Ioniennes d'un père italien et d'une mère grecque, Ugo Foscolo va, de 1796 à 1806, se battre pour les idées nées de la Révolution française, avant de prendre ses distances avec Napoléon Bonaparte. En 1803, il publie douze sonnets et commence ensuite un long voyage en France ; à Paris, il achève d'écrire Les Tombeaux. Toujours amoureux mais rarement de la même femme, le poète mène une vie précaire et agitée. Son rêve d'indépendance s'écroule en 1814, quand les Autrichiens reprennent la Lombardie. La même année il publie Les Grâces, un de ses plus célèbres recueils. Il s'exile, refusant de prêter serment à l'occupant, part en Suisse puis en Angleterre où il mène une vie amoureuse toujours aussi malheureuse. Poursuivi pour dettes, emprisonné, malade, il meurt, en 1827, sans avoir revue sa patrie. En 1871, ses restes sont transférés à l'église Santa Croce, à Florence près de Machiavel, Michel-Ange, et Galilée, célébrés dans la VIe strophe des Tombeaux.
1. Une poésie sépulcrale
Le romantisme italien ne connaît pas les mêmes remous que ceux qui bouleversèrent la France et l'Angleterre ; tous se passe par lente assimilation, par résolution discrète de tendances. Ainsi, Foscolo va transformer l'héritage de la poésie sépulcrale anglaise de Thomas Gray (Élégie écrite dans un cimetière de campagne, 1751) et d'Edward Young (Nuits, 1745). Imprimant au déroulement du texte la philosophie de l'histoire inspirée de Giambattista Vico (Principes de la philosophie de l'his […]
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