La famille suédoise des Tessin offre un cas d'exceptionnelle ascension sociale. Nicodème Ier Tessin (1615-1681) est un architecte, son fils Nicomède II (1654-1728) aussi et son petit-fils Charles-Gustave (1695-1770) devient un grand personnage, diplomate et ministre, tout en restant un amateur d'art fort éclairé.
Nicodème Ier est l'auteur de plusieurs palais pour la cour de Suède ; il élève, en 1653, celui de Riddarholmen et surtout, en 1662-1686, celui de Drottningholm. Sa manière s'inspire visiblement des exemples donnés en France par Le Vau ou François Mansart, en particulier dans la façon d'ordonner de gros pavillons qui articulent vigoureusement le corps des édifices.
Nicodème II est nettement plus imbu d'italianisme et semble avoir été spécialement sensible à l'influence de Bernin. C'est à lui qu'il revient de reconstruire le palais royal de Stockholm après l'incendie de 1697. La composition s'ordonne autour d'une très grande cour, pouvant servir au déploiement des fêtes et des défilés ; c'est là un trait que l'on rencontre fréquemment dans les palais que se font édifier les monarchies que l'on pourrait dire nouvelles dans l'Europe du Nord […]
