Le célèbre philologue Aḥmad Pasha Taymūr veilla sur l'éducation de ses deux fils, Muḥammad Taymūr (1892-1921) et Maḥmūd Taymūr (1894-1973), dirigeant minutieusement leurs premières lectures, leur révélant en particulier la littérature arabe classique. Pour le reste, il leur laissa la plus grande liberté. Les deux frères passaient une partie de l'année à la campagne, dans les domaines de leur père. Sans contrainte, ils couraient à travers champs, acquérant ainsi cette connaissance directe de la nature et du peuple qu'on retrouvera dans leurs œuvres.
Après un séjour en France où il fréquenta les salles de théâtre plus que l'université, Muḥammad Taymūr publia une série d'articles sur les pièces jouées à l'époque par les troupes arabes. Par leur objectivité et leur lucidité, ces études contribuèrent à la rénovation du théâtre. Il écrivit alors en arabe dialectal des pièces réalistes, mais la mort ne laissa pas à son talent le temps de s'épanouir.
Disciple et continuateur de son frère, Maḥmūd Taymūr connut dès la première heure le succès en publiant, en 1925, Le Cheikh Gum‘a et autres récits (Al-Shaykh Gum‘a wa ḥikāyāt ukhrā). Il écrivit depuis une centa […]
