Première principauté iranienne qui se forme au sein de l'empire ‘abbāsside. Son fondateur, Ṭāhir b. al-Ḥusayn, un mawla (client) persan, a aidé le calife al-Ma‘mūn à s'emparer du pouvoir à Baghdād. Celui-ci le nomme gouverneur du Khurāsān. Peu avant sa mort (822), Ṭāhir omet de faire prononcer le nom du calife dans le sermon (khuṭba) du vendredi ; c'est alors une façon d'affirmer son indépendance. Cependant le calife transmet le gouvernorat à Ṭalḥa, fils de Ṭāhir (822-828). Dès lors, les Ṭāhirides sont pratiquement indépendants à Nīshāpūr. Fidèles soutiens du sunnisme et de la classe dirigeante (militaires et « féodaux » arabes et persans), ils sont aussi réputés comme protecteurs des intérêts du peuple et pour avoir encouragé l'agriculture, les arts et les lettres. Le plus remarquable de ces princes, Ṭāhir II (845-862), fait de Nīshāpūr le premier centre astronomique de l'Orient. Les Ṭāhirides doivent tenir en échec les missionnaires shī‘ites dans les provinces caspiennes et combattre le pouvoir grandissant des Saffārides dans leur dépendance du Sīstān. Moins habile que ses prédécesseurs, Muḥammad (862-873) ne peut empêcher le Ṣaffāride Ya‘qūb b. al-Layth de s'emparer de Nīshāpūr. Une autre branche des Ṭāhirides dirige, à Baghdād, la garnison militaire durant tout le règne des Ṭāhirides au Khurāsān et jusqu'au début du xe siècle.
Jean CALMARD
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