2. L'historicité du groupe
Les réunions durent avoir lieu pendant une période assez courte, après 256, quand Xi Kang semble avoir rencontré Ruan Ji pour la première fois. Les premiers textes qui mentionnent ces réunions datent tous d'à peu près un siècle plus tard. Ils les situent dans la propriété de Xi Kang à Shanyang (au nord-ouest de l'actuel Xiuwu, Henan), près des contreforts de la chaîne Taihang. Là, les sept amis se seraient réunis dans une forêt de bambous où ils buvaient ensemble, jouaient de la musique ou prenaient part à des « causeries pures » (qingtan), genre de conversations à la fois spirituelles et savantes, souvent de grande portée philosophique.
Les auteurs qui nient catégoriquement l'existence, en tant que groupe, des Sept Sages (Fukui, 1959 ; He, 1966) insistent sur les arguments suivants : aucun texte contemporain ne les mentionne ; il y a des contradictions dans la transmission des traditions : le nombre sept évoque des groupes antérieurs ou des énumérations de saints ermites dans des textes anciens (Lunyu XIV, 37 ; Zhuangzi XXIV, 3) ; et le choix d'une « forêt de bambous » pourrait provenir d'une influence bouddhique (venūvana). D'autres (Chen, 1945 ; Holzman, 1957) sont moins catégoriques, et Hou (1957) croit non seulement à l'existence du groupe, mais suggère même que leur retraite à Shanyang avait un caractère politique : en refusant de servir le gouvernement, ils auraient manifesté leur désapprobation envers les usurpateurs Sima.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 2 pages…



