Dynastie qui domina l'Iran oriental (Transoxiane et Khurāsān) durant tout le xe siècle, et qui constitue, après les Bouyides, la plus puissante des dynasties iraniennes au cours de ce que l'on a appelé « l'intermède iranien » précédant la conquête seldjoukide du xie siècle. Son fondateur, Sāmān-Khodā (819-864), était un propriétaire terrien (dehqān) autochtone (soghdien) de la région de Balkh ; ses successeurs rattachèrent leur lignée au héros sassanide Bahrām-Tchūbīn. Sāmān-Khodā se convertit à l'islam et ses quatre petits-fils servirent le calife al-Ma'mūm au Khurāsān. Pour les récompenser, celui-ci leur confia des gouvernorats en Transoxiane ; en 874 toute cette riche région fut confiée à Nasr ben Ahmad (864-892) par le calife al-Mu'tamid. Tout en garantissant la stabilité politique et économique de leurs territoires contre les attaques des nomades de la steppe turque, les Samanides assurèrent la sécurité des routes caravanières de l'Asie centrale. La Transoxiane et le Ferghāna furent définitivement gagnés à l'islam qui se propageait chez les Turcs. Ce fut à travers ces régions que furent importés les esclaves turcs (gholām) employés dans les armées musulmanes et qui, dès la fin du xe siècle, commencèrent à s'emparer du pouvoir politique. Lorsque, en 900, le Samanide Ismā'il Ier (892-907) eut vaincu le Saffaride ‘Amr b. Layth, le calife abbasside lui confia le gouvernorat du Khurāsān. Les Samanides exercèrent alors leur suzeraineté sur de vastes régions de l'Iran oriental, du Khōrezm au Sistān, et sur des dynasties locales d'Afghānistān, jusqu'aux frontières de l'Inde. L'apogée de la dynastie se situe sous Sa'īd Nasr II (914-943). Les Samanides régnaient sur des régions considérées comme des bastions du sunnisme (Khurāsān, Ferghāna) et entrèrent en conflit avec les émirs bouyides du nord-ouest de l'Iran. Vers le milieu du xe siècle des révolutions de palais et des tendances séparatistes des militaires et des « féodaux » commencèrent à disloquer l'État samanide. Dans les dernières décennies du xe siècle, les Qarakhānides (992-1211) et les Ghaznévides (977-1186) conquirent les territoires des Samanides qu'ils supplantèrent en Transoxiane et au Khurāsān.
Les émirs samanides mirent à profit leur force économique et militaire pour faire de leur cour de Bokhārā et de leurs capitales régionales (Samarqand, Balkh, Marv, Nichapour) des foyers de vie intellectuelle, rivaux de Bagdad. Outre la culture arabe classique, ils favorisèrent l'éclosion de la littérature en langue néo-persane et, bien que sunnites, accordèrent leur protection à des penseurs dont les idées ne relevaient pas toujours de l'orthodoxie. Parmi les plus grands lettrés protégés par les Samanides on trouve les poètes Roudaki et Daqiqi, l'historien Bal'ami, les docteurs philosophes Rāzi (Rhazès) et Avicenne.
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