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LES RAISINS DE LA COLÈRE, livre de John Steinbeck

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2.  Un grand roman social

Cette force d'âme donne aux Raisins de la colère une allure de parabole et de mythe, où le détail revêt une valeur symbolique et les rapports entre les personnages une dimension allégorique. Comme En un combat douteux (1936), Les Raisins de la colère sont un des romans les plus ouvertement politiques de Steinbeck : à mi-chemin entre l'espérance biblique et l'espoir révolutionnaire, l'évolution politique de Tom incarnant cet engagement. La dépossession des fermiers de l'Oklahoma peut passer pour la conséquence de la désertification. Elle résulte en réalité de la cupidité des banques qui n'acceptent aucun moratoire.

En faisant alterner quinze chapitres individuels avec autant de sections documentaires, en général bien plus courtes, le narrateur tisse l'odyssée des Joad qui les mène jusqu'aux « verts pâturages » de Californie : cette famille devient l'emblème de tous ceux qui furent à la dérive dans l'Amérique en crise des années 1930. Elle incarne une vision à la fois symbolique et documentaire d'un monde où l'expérience individuelle est englobée dans un complexe de forces qui la dépassent et que la volonté humaine ne peut modifier.

Steinbeck sépare rarement ses opinions politiques de son sentiment de la nature ; le temps historique importe moins que le cycle des saisons, et le mal consiste en l'interruption de la vie naturelle par l'expropriation. Car la terre et le peuple constituent les fondements qui doivent être préservés. Steinbeck garde pourtant toute sa confiance à l'homme et à la démocratie, même si, parfois, les leaders altruistes du « combat douteux » entre exploitants et exploités se révèlent n'être que des agitateurs. Les épreuves et les déceptions des Joad, la mort de certains d'entre eux, leur dispersion comptent moins que le triomphe final de Mrs. Joad, « mère courage » admirable, sur la malchance et l'hostilité. Le roman se clôt sur l'image du « mystérieux sourire » de Rose de Sharon allaitant un vieillard épuisé par la faim, conclusion qui ressemble beaucoup à un acte de foi en l'homme naturel.

En 1940, John Ford a donné au cinéma une superbe adaptation du roman, avec Henry Fonda dans le rôle de Tom Joad.

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« LES RAISINS DE LA COLÈRE, John Steinbeck » est également traité dans :

STEINBECK JOHN (1902-1968)

Écrit par :  Robert ROUGÉ

Dans le chapitre "Les grands romans sociaux"  : …  *Si le doute s'insinuait dans Des souris et des hommes, le grand souffle épique de la révolte le dissimule dans Les Raisins de la colère (The Grapes of Wrath, 1939) qui relate l'exode vers la Californie de fermiers endettés de l'Oklahoma, chassés par les grandes banques. La générosité de l'inspiration steinbeckienne,… Lire la suite

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Walking Along, D. Lange Les Raisins de la colère, J. Ford

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