C'est avec cette dernière grande dynastie turkmène que l'Iran entre dans le monde moderne et dans le jeu des intérêts stratégiques et économiques des grandes puissances. Ayant pénétré très tôt en Perse (probablement dès l'époque mongole), comme d'autres tribus turkmènes, les Qādjār s'étaient établis en Asie Mineure. Ils firent partie du groupe des Qizilbash qui portèrent les Séfévides au pouvoir. Après avoir servi la cause séfévide, dès la chute de la dynastie ils luttèrent contre les Afghans et les Afshār. Parmi les clans qādjār établis à Astarābād (moderne Gorgān), il y eut d'âpres rivalités pour le pouvoir. C'est Āqā Mohammad Khān, le « cruel eunuque » fondateur de la dynastie, qui mit un terme aux divisions de l'Iran post-séfévide : après avoir conquis le nord du pays, il renversa les Zand de Chiraz et rétablit pour un temps la suzeraineté persane sur la Géorgie. En 1786, il fit de Téhéran — alors simple bourgade à la croisée des axes nord-sud et est-ouest de l'Iran — sa capitale. Après sa sanglante invasion de la Géorgie (1795), il se fit proclamer shāh à Téhéran puis réimposa le contrôle persan sur le Khorāsān tenu nominalement par Shāh Rokh, le petit-fils aveugle de Nāder […]
