Les Prairies canadiennes tirent leur originalité d'un ensemble de facteurs physiques et biologiques ainsi que de caractères socio-économiques particuliers. Le paysage demeure en général uniforme. Cette homogénéité se retrouve dans la présence souveraine d'un climat continental froid et semi-aride (ou subhumide), dans l'extension des terres noires (tchernoziem) et dans une agriculture de type extensif.
Les Prairies canadiennes occupent, sur trois provinces (Alberta, Saskatchewan et Manitoba), une étendue de forme à peu près triangulaire dont la base coïncide avec la frontière canado-américaine. Situées à l'intérieur du continent, les Prairies souffrent d'isolement. Malgré les moyens modernes de communication, elles restent en marge des grands courants commerciaux et industriels de l'Amérique du Nord et ancrées dans leur rôle de fournisseur de matières premières. Les Prairies canadiennes se distinguent du reste du Canada en tant que région productrice de blé et diffèrent du reste du pays par les caractères ethniques de leur peuplement et leur particularisme tenace. Ici, la majorité des habitants est d'origine non pas britannique et française, mais allemande, ukrainienne et scandinave. En 2006, les trois provinces des Prairies canadiennes comptaient 5 406 908 habitants.
Avant l'arrivée des premiers colons écossais à Rivière Rouge, en 1812, les Prairies, parcourues par des trafiquants de fourrures, étaient le domaine des Indiens chasseurs de bisons. Ce n'est qu'en 1871 qu'elles furent véritablement ouvertes à la colonisation. Celle-ci se fit lentement au début. Pourtant, dès 1877 était exportée vers le Royaume-Uni la première cargaison de blé.
La voie ferrée reliant Saint Paul (Minnesota) à Winnipeg, en 1878, et le Pacific Canadian Railway, reliant Montréal à Vancouver, achevé en 1886, ainsi que ses ramifications dans le Sud-Ouest manitobain, firent de Winnipeg le grand centre commercial des Prairies. Calgary, avec ses 1 600 habitants en 1885, devient le centre d'un réseau de petits bourgs commerciaux.
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