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LŒILLET LES

Famille de musiciens français d'origine gantoise.

John ou Jean, dit le Lœillet de Londres, naquit à Gand en 1680, arriva à Londres en 1705 et y demeura jusqu'à sa mort (1730). Il fut un virtuose de la flûte traversière dont il jouait au Haymarket Theatre ; il aurait introduit cet instrument en Angleterre. Il jouait aussi du hautbois. Il écrivit notamment dix-huit Sonates en trio, op. 1 et 2 (Londres, 1722, 1725), douze Sonates, op. 3 (six pour flûte à bec et six pour flûte traversière et basse continue, Londres, 1729) ; ses Lessons for the Harpsichord or Spinet (Londres, 1709-1715) et les Six Suits of Lessons for the Harpsichord (1723) évoquent l'art de Purcell, avec qui il fut comparé. L'inspiration mélodique de J. Lœillet respire la grâce et le charme, et ses rythmes de danses sont vifs et pleins d'entrain. On trouverait plus d'un écho de ses œuvres dans les Suites pour clavecin de Haendel.

Jacques (ou Jacob), frère de John, naquit lui aussi à Gand (1685) ; il vécut en Bavière, près de l'électeur Max Emmanuel, dont il fut le musicien, puis à Versailles comme hautboïste de Louis XV, à la chambre du roi. Certains le font mourir à Versailles, d'autres à Gand — ce qui est le plus probable — (1746). Sa renommée de virtuose est fortement établie ; Le Mercure galant écrit par exemple : « Il commença par le basson, le violon, la flûte allemande, la flûte douce, la flûte à voix, en faisant deux parties et le hautbois. Il passa ensuite derrière un paravent et chanta un motet à quatre parties, accompagné d'un violon et de deux flûtes » (1er août 1727)... À ceux qui estimeraient aujourd'hui que pareil exploit est incroyable, on apprendra que Jacques Lœillet était aussi illusionniste ; l'art de la prestidigitation « explique » alors ces prouesses musicales ! Parmi ses compositions, retenons Six Sonates pour une flûte traversière, avec basse continue (Paris, 1728), Six Sonates à deux flûtes traversières, sans basse continue (Paris, 1728), un Concerto en mi bémol majeur, pour hautbois et orchestre à cordes, ainsi qu'un Concerto en ré majeur, pour flûte et orchestre à cordes.

Le cousin des précédents, Jean-Baptiste Lœillet, dit l'Œillet de Gand, naquit dans cette ville en 1688 ; on ignore la date de sa mort. On sait qu'il résida en France, à en croire les dédicaces qu'il fit de ses œuvres, qui comprennent entre autres : cinq recueils de Sonates pour une ou deux flûtes (1705, 1715, 1720) ; les Six Sonates pour deux flûtes sont des duos sans basse continue. Jean-Baptiste a souvent été confondu à tort avec son cousin John.

Pierre-Paul LACAS

Pour citer cet article

Pierre-Paul LACAS, « LŒILLET LES  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le  . URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/les-loeillet/

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